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Quel statut juridique pour l'achat-revente en 2026 ?

Statut pour l'achat-revente en 2026 : la micro-entreprise pas à pas, les 12,3 % de cotisations, le plafond de 203 100 €, la TVA, et quand passer en société.

Statut et impôts · · 8 min de lecture

Quel statut juridique pour l'achat-revente en 2026 ?

Pour démarrer l'achat-revente, le statut adapté est la micro-entreprise (l'ancien « auto-entrepreneur ») : création gratuite en ligne, 12,3 % de cotisations sociales sur ce que tu encaisses, aucune cotisation si tu ne vends rien, et un plafond de 203 100 € de chiffre d'affaires par an en 2026. La société (EURL ou SASU) ne devient intéressante que plus tard, quand tes marges sont trop fines pour supporter des cotisations calculées sur le chiffre d'affaires ou quand tu approches des plafonds.

Les chiffres de cet article sont ceux en vigueur en 2026, vérifiés sur Service-Public, avec le lien à chaque fois.

Pourquoi la micro-entreprise convient à presque tous les débutants

L'achat-revente est une activité commerciale : il te faut une structure pour l'exercer (on explique pourquoi dans l'achat-revente est-il légal en France). La micro-entreprise est une entreprise individuelle avec un régime simplifié, et elle a quatre avantages quand on débute :

  • tu paies en proportion de ce que tu encaisses, donc zéro vente égale zéro cotisation ;
  • il n'y a ni capital à déposer ni statuts à rédiger ;
  • la comptabilité se limite à un livre des recettes et un registre des achats ;
  • tu peux la cumuler avec un emploi salarié, des études ou une période de chômage, sous conditions.

Son défaut tient en une phrase, et il pèse lourd en achat-revente : tu ne déduis aucune dépense. Tes cotisations sont calculées sur ton chiffre d'affaires, pas sur ton bénéfice. On y revient avec un calcul plus bas, parce que c'est ce point qui décide du moment où il faut changer de statut.

Les chiffres 2026 à connaître

ÉlémentRègle en 2026 pour la vente de marchandises
Cotisations sociales12,3 % du chiffre d'affaires encaissé
Avec option pour le versement libératoire de l'impôt13,3 % au total (12,3 % + 1 %)
Plafond de chiffre d'affaires203 100 € par an
Franchise de TVAjusqu'à 85 000 € de chiffre d'affaires (seuil majoré : 93 500 €)
Abattement fiscal (sans versement libératoire)71 % : tu es imposé sur 29 % de tes recettes
Immatriculationgratuite pour une activité commerciale
CFEexonération l'année de création, et si le chiffre d'affaires ne dépasse pas 5 000 €

Les deux premières lignes viennent des fiches Service-Public sur les cotisations du micro-entrepreneur et sur les plafonds de chiffre d'affaires.

Pour la suite du tableau, les fiches à consulter sont celles sur la franchise en base de TVA et sur la CFE.

Trois précisions utiles. Le plafond de 203 100 € est valable pour les années 2026 à 2028, et tu ne sors du régime que si tu le dépasses deux années de suite. Si tu crées en cours d'année, il est réduit au prorata du nombre de jours d'activité. Enfin, le chiffre d'affaires pris en compte est ce que tu encaisses, pas ton bénéfice : 203 100 € de ventes, ce n'est pas 203 100 € dans ta poche.

Créer ta micro-entreprise, étape par étape

La démarche se fait entièrement en ligne et ne coûte rien pour une activité de vente.

  1. Rassemble les pièces : une pièce d'identité, un justificatif de domicile et une déclaration sur l'honneur de non-condamnation. Tu peux domicilier l'entreprise chez toi.
  2. Va sur le guichet des formalités des entreprises, le site officiel géré par l'INPI. Méfie-toi des sites privés qui facturent cette démarche : elle est gratuite sur le site officiel.
  3. Déclare une création d'entreprise individuelle, avec une activité commerciale d'achat-revente de biens. Décris ce que tu vends réellement (vente à distance d'articles neufs ou d'occasion, par exemple).
  4. Choisis ta périodicité de déclaration à l'URSSAF, mensuelle ou trimestrielle, et décide si tu optes pour le versement libératoire de l'impôt.
  5. Attends ton numéro SIREN et ton code APE, que tu reçois une fois l'immatriculation validée.
  6. Crée ton espace sur le site de l'URSSAF pour les auto-entrepreneurs : c'est là que tu déclareras ton chiffre d'affaires.

La liste des pièces et la gratuité de l'immatriculation sont confirmées par la fiche « Devenir micro-entrepreneur » de Service-Public.

Si tu es demandeur d'emploi, bénéficiaire du RSA, âgé de moins de 30 ans ou dans une autre situation prévue par les textes, regarde l'ACRE : c'est un taux de cotisations réduit en début d'activité. Elle n'est pas automatique : il faut la demander à l'URSSAF dans les 60 jours qui suivent la création. Les conditions sont sur la page ACRE de Service-Public.

Ce que tu dois faire chaque mois (ou chaque trimestre)

Une fois immatriculé, tes obligations tiennent en cinq habitudes.

  • Déclarer ton chiffre d'affaires à l'URSSAF à chaque échéance, même s'il est de zéro. Une déclaration oubliée entraîne une pénalité.
  • Tenir un livre des recettes : date, montant, client, mode de paiement, pour chaque vente.
  • Tenir un registre des achats, obligatoire pour la vente de marchandises, avec les justificatifs. Tout se conserve dix ans.
  • Garder une facture ou une preuve pour chaque achat de stock.
  • Ouvrir un compte bancaire dédié à l'activité si ton chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années de suite. Rien ne t'empêche de le faire plus tôt, et ça simplifie tout.

Ces obligations sont listées dans la fiche sur les obligations comptables du micro-entrepreneur. Un simple tableur suffit pour le livre et le registre, à condition de le remplir au fil de l'eau et pas la veille de la déclaration.

Côté plateformes, pense à mettre tes comptes vendeurs en accord avec ton statut. Leboncoin demande un compte professionnel aux professionnels : le sujet est détaillé dans rester particulier ou passer pro sur Leboncoin.

Le piège de l'achat-revente : des cotisations sur le prix de vente

Voici pourquoi le statut compte autant dans cette activité précise. Prends deux produits vendus 100 € chacun. C'est un exemple de calcul, pas une prévision.

LigneProduit A (acheté 40 €)Produit B (acheté 80 €)
Prix de vente100,00 €100,00 €
Prix d'achat− 40,00 €− 80,00 €
Cotisations (12,3 % de 100 €)− 12,30 €− 12,30 €
Reste avant impôt47,70 €7,70 €
Poids des cotisations sur la marge bruteenviron 20 %environ 62 %

Les cotisations sont identiques, parce qu'elles ne regardent que le prix de vente. Sur le produit A, elles prennent un cinquième de ta marge. Sur le produit B, elles en prennent presque les deux tiers. L'impôt suit la même logique : avec l'abattement de 71 %, l'administration considère que tes frais représentent 71 % de tes ventes. Si ton stock te coûte 80 % du prix de vente, tu es imposé sur un bénéfice que tu n'as pas fait.

En micro-entreprise, vise des produits que tu achètes nettement moins de la moitié de leur prix de revente.

La méthode de calcul complète, avec le port et l'emballage, est dans le calcul de marge en achat-revente.

TVA : ce que la franchise change pour toi

Tant que ton chiffre d'affaires reste sous 85 000 €, tu es en franchise de TVA. Tu ne la factures pas à tes clients, tu ne la reverses pas, et tu inscris sur tes factures la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Le projet d'abaisser ce seuil à 25 000 € a été abandonné, et les seuils sont inchangés en 2026.

Le revers : tu ne récupères pas la TVA sur tes achats. Quand tu achètes un stock 120 € TTC à un fournisseur, il te coûte 120 €, pas 100 €. Si tu dépasses 85 000 € sur une année, tu deviens redevable de la TVA au 1er janvier suivant, et si tu dépasses 93 500 € en cours d'année, c'est immédiat. On traite tout ça en détail dans la TVA en achat-revente en micro-entreprise.

Quand passer en société (EURL ou SASU)

Trois signaux indiquent que la micro-entreprise n'est plus le bon cadre.

Le premier, ce sont des marges fines. Si ton modèle repose sur du volume avec une marge brute de 20 ou 25 %, les cotisations sur le chiffre d'affaires mangent l'essentiel de ton gain. Une société au régime réel paie sur son bénéfice, après déduction des achats, du port, des emballages et des abonnements.

Le deuxième, c'est l'approche des seuils : 85 000 € pour la TVA, 203 100 € pour le régime lui-même.

Le troisième, ce sont des dépenses importantes : un local, du matériel, un salarié. En micro-entreprise, rien de tout ça ne se déduit.

Entre l'EURL et la SASU, le choix dépend surtout de ta protection sociale et de la façon dont tu veux te rémunérer. Créer une société a un coût (rédaction des statuts, annonce légale, comptable) et des obligations chaque année. À ce stade, prends rendez-vous avec un expert-comptable avant de décider : pour ta situation précise, c'est lui ou l'URSSAF qui tranche, pas un article de blog.

Le statut fait partie des sujets qu'on traite dans la formation LBCX, avec le choix des produits et le suivi des marges, parce que les trois se décident ensemble. Si tu débutes tout juste, commence par le guide comment commencer l'achat-revente de A à Z.

Questions fréquentes

Quel statut choisir pour débuter l'achat-revente ?

La micro-entreprise, dans la très grande majorité des cas. La création est gratuite, les cotisations sont proportionnelles aux ventes et tu ne paies rien les mois sans chiffre d'affaires. La société se justifie plus tard, avec des marges fines ou un gros volume.

Combien coûte une micro-entreprise en achat-revente ?

L'immatriculation est gratuite. Ensuite, tu paies 12,3 % de cotisations sociales sur ton chiffre d'affaires encaissé en 2026, plus l'impôt sur le revenu, et éventuellement la CFE à partir de la deuxième année si ton chiffre d'affaires dépasse 5 000 €.

Peut-on déduire ses achats de stock en micro-entreprise ?

Non. Les cotisations et l'impôt sont calculés sur le chiffre d'affaires, avec un abattement forfaitaire de 71 % pour l'impôt. Tes achats réels ne sont pas pris en compte, ce qui pénalise les produits à faible marge.

Quel est le plafond de chiffre d'affaires en achat-revente en 2026 ?

203 100 € par an pour la vente de marchandises, valable de 2026 à 2028. Tu ne quittes le régime micro que si tu dépasses ce plafond deux années consécutives. La première année, il est calculé au prorata de ta durée d'activité.

Faut-il un compte bancaire professionnel ?

Un compte dédié à l'activité devient obligatoire si ton chiffre d'affaires dépasse 10 000 € deux années de suite. En dessous, rien ne t'y oblige, mais séparer l'argent de l'activité de ton argent personnel te simplifie le suivi.

Puis-je être micro-entrepreneur et salarié en même temps ?

Oui, à condition de ne pas avoir de clause d'exclusivité dans ton contrat, de ne pas concurrencer ton employeur et d'exercer en dehors de ton temps de travail. Relis ton contrat avant de créer.

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